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Tachkent

Ce qu'on appelle actuellement Tachkent, fut fondée vers le Ve siècle av. J.-C. en tant que citadelle.

Les vestiges de Tchatch, première ville établie il y a plus de 2000 ans en tant que grande oasis prospère et anéantie au début du VIIIe siècle par les arabes, subsistent encore sous la colline Ming-uriq («Mille abricotiers»).

Pendant longtemps, cette ville, située sur les bords de la rivière Tchirtchik, affluent du Syr-Daria, près de la chaîne montagnarde de Tian Shan, fut une étape importante sur la Route de la Soie, pour les voyageurs faisant du commerce entre la Chine et l'Europe, le point de départ des caravanes allant vers la vallée de Ferghana, Kashgar et ensuite vers l'Empire du Milieu.


Pour les conquérants, les périodes de prospérité et de déclin se succédèrent ici : Tchatch joua le rôle d'une petite ville provinciale, comme celui d'une forte capitale. Plusieurs siècles durant, cette ville attise les convoitises et subit la dominance de divers conquérants : des chahs perses, en passant par les hordes des Huns et des Yuezhi.



Avant d'entreprendre la campagne de l'Inde en 323 av. J.-C., Alexandre le Grand quitte son quartier général à Maracanda (Samarcande) pour conquérir la citadelle à la place de l'actuelle Tachkent, au sud de laquelle, sur Jaxartes (Syr-Daria), il ordonna la construction d'une ville-comptoir et forteresse qu'il nommerait Alexandrie Eskhaté (extrême).

Point d'attache important du commerce et d'artisanat sur les itinéraires de caravanes, l'actuelle Tachkent fut aussi le pôle principal de la réligion de zoroastrisme jusqu'à ce que la conquête arabe, suite à la Bataille de Talas au début du VIIIe siècle, y importa l'islam.




À partir de cette époque, la destruction de Tchatch par les troupes du général arabe Qutayba ibn Muslim force Tachkent à se rebâtir plus au Nord, à l'actuel emplacement des quartiers Hadra, Eski-Djuva et Tchorsu. Elle se retrouva à son tour dans la possessions de divers khalifats musulmans avant de tomber aux mains des Mongols au début du XIIIe siècle qui l'ont complètement détruite en 1219.


Plus tard, elle renaît sous le règne des Timourides (XVe siècle) et des Chaïbanides qui leurs ont succédé à partir de 1507, pour mener ensuite assez longtemps une existence indépendante, entre autre, sous le règne de Bâbur, avant d'être annexé, à son tour, par le khanat de Kokand en 1809.


En 1867, après une conquête fulgurante des troupes russes menées par le général Mikhaïl Tcherniaev (1865), Tachkent devint siège du gouvernement général de ce qui fut formé en tant que Turkestan russe.

La ville fait ensuite objet de l'arrivée massive, mais pacifique, des immigrants russes, attirés par le climat clément de cette contrée orientale nouvellement conquise. Tachkent est alors divisée en Ville nouvelle (russe), verte et européenne, et la Vieille Ville (autochtone), traditionnelle et poussiéreuse.

A la limite de la Nouvelle et de la Vieille Ville, de part et d'autre du vieux canal d'Ankhor s'est constitué le centre moderne de Tachkent bordée par des bâtiments administratifs et des édifices publics.



En 1924 Samarcande persophone devint la capitale de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan, et ce jusqu'à ce qu'en 1930, quand Tachkent fut à nouveau désignée capitale d'Ouzbékistan.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Tachkent a accueilli plusieurs centaines de milliers de familles soviétiques fuyant l'invasion hitlérienne à l'ouest, dont de multiples orphelins de guerre, ce qui accéléra la russification de la ville.

Une partie des industries lourdes de la partie européenne de l'URSS y a également été évacuée (ces usines sont restées en Ouzbékistan après la guerre, contribuant à l'industrialisation de la république).

La célèbre poétesse russe Ann Akhmatova, fuyant tant les Allemands que Staline, se réfugia dans la capitale ouzbek de 1941 à 1945.

 


Samarcande

Samarcande ou Samarkand (Samarqand ou Самарқанд en Ouzbek) (population 400 000 habitants) est une ville d'Ouzbékistan, capitale de la Région de Samarcande (Samarqand Viloyati). Son nom signifie probablement « lieu de la rencontre » ou « lieu du conflit » (samara : rencontre, conflit en sanskrit, kand, kent : ville, terme centre-asiatique) et illustre bien sa position à la limite des mondes turc et persan.



L'histoire l'occupation du site de la ville de Samarkand date du paléolithique inférieur elle est l'un des berceaux de la civilisation des peuples de l'Asie centrale.

Le musée de Samarkand offre quelques exemples de silex taillés trouvés sur place. Le site archéologique est appelé Afrosiab.


Samarkand, connue alors sous le nom de Marakanda, a vu Alexandre le Grand (329 av. J.-C.). C'est le point ultime atteint par ce grand conquérant. Il y amena de la vigne : le cabernet local ne vaut pas le voyage. Elle fut conquise par les Arabes en 712 et brilla particulièrement sous le règne des samanides.



Le mathématicien, astronome et poète persan Omar Khayyam (1048-1131) y séjourna de 1072 à 1074, avant de s'installer à Ispahan en Iran à l'invitation du sultan seldjoukide Malik Shah Ier Elle fut ruinée par Gengis Khan en 1220.

Marco Polo (vers 1272) n'est pas passé à Samarkand, son itinéraire vers la Chine est plus au sud en Afghanistan. Mais son père et son oncle sont allés jusqu'à Boukhara par la route traditionnelle de la soie dont le prolongement naturel est Samarkand avant de traverser le Pamir vers Kachgar en Chine.

Samarkand est une très noble et grandissime cité, où se trouvent de très beaux jardins et tous les fruits qu'homme puisse souhaiter. Les gens y sont chrétiens et sarrasins. Ils sont au neveu du Grand Khan, qui n'est point son ami, mais bien souvent a été en querelle avec lui Marco Polo (1255-1324) Le devisement du monde, Le livre des merveilles (Tome I), éditions FM/La Découverte





Khiva

Khiva (Xiva en ouzbek) est une ville d'Ouzbékistan, elle située au nord-ouest de ce pays. Son ancien nom, Khwarizm, Khorezm, etc., est celui de la région historique dont elle fut la capitale.

Selon la légende, Khiva fut fondée à l'endroit où Sem (le fils de Noé) creusa le puits Keivah. Khiva fut jusqu'au début du siècle la capitale du Khorezm (qui fut un royaume vassal de la Perse). La région particulièrement aride a développé un système d'irrigation complexe à partir du IIe millénaire av. J.-C. et fut visitée par différents conquérants : Perses, Grecs, Arabes, Mongols, Ouzbeks.


C'est la ville natale du mathématicien appelé al-Khwarizmi, al-Khorezmi, etc.(vers 780-vers 850) C'est dans le voisinage que naquit le grand savant encyclopédiste Al-Biruni (973-1048).



Le khanat de Khiva (1512-1920) fut l'un des trois khanats ouzbeks issus de la dislocation du khanat de Djaghataï, avec ceux de Boukhara (qui englobait Samarcande) et de Kokand.

Itchan Kala est la ville intérieure de Khiva, retranchée derrière des murailles de brique hautes d'une dizaine de mètres, faisant partie de l'ancienne oasis, qui était l'ultime étape des caravaniers avant de traverser le désert en direction de l'Iran.

Bien qu'ayant conservé peu de monuments très anciens, elle constitue un exemple cohérent et bien préservé d'architecture musulmane de l'Asie centrale avec des constructions remarquables comme la mosquée Djouma, les mausolées et les medresas et les deux magnifiques palais édifiés au début du XIXe siècle par le khan Alla-Kouli. Depuis 1990, le quartier d'Itchan Kala de Khiva fait partie du Patrimoine mondial de l'UNESCO.




Bukhara

Boukhara (Buxoro ou Бухoрo en ouzbek, Бухара en russe, بُخار en farsi) est une ville d'Ouzbékistan, située au centre-sud du pays.

Son nom est souvent dérivé du sanskrit vihara : monastère bouddhiste. Elle est la capitale de la province de Boukhara (Buxoro Viloyati). Population La ville compte environ 240 000 habitants.

La majorité des Boukhariotes est de langue tadjike (variante du persan). On compte également une communauté juive, dits juifs boukhariotes, autrefois importante, aujourd'hui en déclin.



L'histoire des 140 monuments protégés par l'UNESCO témoignent de la richesse historique et culturelle de cette ville.

Au cœur de la Route de la soie et du royaume perse, Boukhara et Samarcande ont été rattachées à la République socialiste soviétique d'Ouzbékistan sous Staline.


Boukhara est le berceau d'al-Bukhari (810-870), un important compilateur de hadiths (recueils de paroles attribuées à Mahomet). Elle fut la capitale de la dynastie persane des Samanides.

Boukhara vit passer vers l'an 1000 deux des gloires scientifiques de l'Asie Centrale, le grand médecin et philosophe Avicenne (Abu Ali Ibn Sînâ), né à proximité (980-1037) et le savant encyclopédiste al-Biruni (mathématicien, physicien, astronome, historien, etc.), né près de Khiva (973-1048), qui correspondit avec Avicenne.



Au cours de son histoire, Boukhara apparaît surtout comme une ville religieuse, moins marquée par la vie scientifique que Samarcande. C'est en considération de cette importance religieuse qu'Ulugh Beg (1394-1449), le prince timouride et astronome de Samarcande, fit construire une médersa (institut), au fronton de laquelle il fit graver la phrase : "L'étude est un devoir sacré pour chaque musulman et chaque musulmane".

Ulugh Beg reçut à Boukhara à l'hiver 1420-1421 une ambassade du Tibet, mais aucun détail ne nous est connu de cette rencontre.



Le khanat de Boukhara (1599-1920), qui englobait Samarcande, fut l'un des trois khanats ouzbeks issus de la dislocation du khanat de Djaghataï, avec ceux de Khiva et de Kokand. Boukhara a donné son nom au bougran, une toile forte utilisée dans la doublure de vêtements, orthographiée boquerant par Marco Polo.